Notre histoire

Je m'appelle Justine, je suis maman d'un enfant né à 27 SA.
Mon fils est né par césarienne code rouge parce que son petit cœur battait lentement et que ma tension était beaucoup trop élevée. Je ne me souviens de rien puisqu'ils ont dû m'endormir pour la césarienne.
Mais à mon réveil, tout avait changé.
Je me suis retrouvée dans une salle, seule, à demander des nouvelles sans que personne puisse encore m'en donner. Après vérification, j'ai enfin pu remonter en chambre et retrouver mon conjoint.
Et là, cette fameuse question :
« Est-ce qu'il est en vie ? »
Mon conjoint m'a montré la photo qu'il avait pu prendre. Je ne comprenais pas vraiment ce que je voyais. Sa réponse a été simple :
« Il est en vie, mais on ne sait pas si ça va durer. »
Il était 3 heures du matin. Je ne pouvais pas me lever. Je devais donc attendre le matin pour rencontrer mon fils.
Au réveil, j'ai enfin eu l'autorisation d'aller voir mon enfant, mais je ne pouvais toujours pas marcher ni rester debout.
Nous sommes partis en réanimation néonatale. Il fallait sonner pour pouvoir entrer.
Et là, j'ai découvert mon fils, avec des fils et des tubes partout.
On m'a expliqué les protocoles, j'ai rencontré les infirmières... et j'ai pleuré. Énormément.
Personne ne pouvait vraiment nous rassurer.
« Vous savez, à ce stade, tout peut encore se passer : le bien comme le mal. »
Ces mots résonnent encore dans ma tête.
Si vous avez déjà entendu ce genre de phrases, vous savez probablement à quel point elles peuvent être difficiles à encaisser.
Nous avons rencontré le pédiatre du service. On nous avait déjà prévenus de certains risques, mais jusque-là, ce n'étaient que des suppositions.
Là, nous étions dedans.
Alors nous avons posé des questions. Des centaines de questions, dont certaines restaient parfois sans réponse.
Je me suis sentie seule et perdue.
Je ne pouvais pas prendre mon bébé dans mes bras. Je ne pouvais pas rester debout. Mes premiers moments avec lui ont donc été extrêmement compliqués.
Et peut-être que vous connaissez vous aussi cette sensation : être dans une chambre entouré de machines, de bruits et de choses que vous ne connaissez pas encore, tout en essayant de comprendre ce qui arrive à votre bébé.
Parce qu'on peut être entouré et se sentir seul
Pendant tout ce parcours, nous nous sommes sentis seuls.
Pourtant, le personnel médical était chaleureux, rassurant et amical. Je ne blâme personne. Mais nous savions aussi que c'était leur travail.
Alors nous étions seuls face à nos émotions.
Même lorsque notre famille était très présente, nous restions seuls avec nos sentiments de parents.
Et même entre papa et maman, les sentiments peuvent être différents. Le post-partum peut également rendre les choses bien plus difficiles.
Un jour, nous nous sommes retrouvés à entrer dans une chambre sans voir notre bébé, simplement parce que nous n'avions pas été prévenus qu'il avait changé de chambre.
Dans l'urgence, on peut comprendre le personnel médical.
Mais en tant que parents, la peur est probablement l'un des sentiments les plus présents pendant ce parcours.
Si vous vivez actuellement cette situation, peut-être que vous connaissez cette peur. Celle de pousser une porte sans savoir ce que vous allez trouver derrière. Celle de recevoir un appel. Celle de poser une question dont vous avez peur d'entendre la réponse.
Et puis vient le retour à la maison
Un jour, on rentre enfin chez soi.
On pourrait penser que le plus difficile est derrière nous.
Mais vous vous retrouvez encore avec des questions, des démarches et parfois le sentiment de ne pas être suffisamment accompagné.
C'est à ce moment-là que je me suis dit que quelque chose n'était pas correct.
La santé mentale prend une place de plus en plus importante dans les mœurs. Pourtant, pendant l'une des pires périodes de notre vie, on peut se sentir seul, incompris et parfois rapidement confronté à la dépression.
Je ne blâme évidemment personne.
J'ai simplement constaté, à travers mon propre parcours, une véritable lacune dans l'accompagnement des parents.
C'est là que NéoPréma est né.
J'ai eu envie d'aider d'autres parents, d'autres mamans qui, comme moi, se sont sentis seuls et abandonnés.
Si vous êtes ici aujourd'hui parce que votre bébé est né prématurément, je veux que vous sachiez une chose : vous n'êtes pas seuls.
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Je veux simplement partager celles que j'aurais aimé avoir lorsque mon fils est né, ainsi que les mots que j'aurais aimé entendre pendant cette période.
Au fur et à mesure, je souhaite créer une marque qui puisse rendre la vie un peu plus douce à tous ces parents.
Vous aider à traverser les épreuves, à vous sentir moins seuls et, je l'espère, à être un peu plus légers pour la suite.
C'est ça, NéoPréma. 💙